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House Of Heroes - Tim Skipper - 2ème partie

Écrit par Jérémie, publié le Mercredi, 11 Août 2010. Vu 1799 fois.   
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House Of Heroes - Tim Skipper
2ème partie
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Suite de notre interview avec Tim Skipper, chanteur de House Of Heroes, ou l'on continue notre discussion sur les vinyles pour l'étendre à l'industrie du disque, et plein de choses un peu plus personnelles.


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Jérémie : Cette mode du vinyle pourrait-elle sauver l'industrie du disque ?

Tim : Oui, carrément. Est-ce que vous avez des "Journées du Disque" en France ?

Jérémie : Qu'est-ce que c'est ?

Tim : Une fois par an, je sais qu'ils le font ici, les magasins indépendants ont l'exclusivité de vinyles 7" par des groupes et pour eux c'est comme Noël, parce que tout le monde se déplace dans ces magasins et tous les artistes s'y rendent également pour encourager cela, jouer des concerts gratuits, c'est dingue, ils vendent un nombre énorme de vinyles pendant ces journées.

Jérémie : Non, je ne pense pas qu'on ait ce genre de choses ici.

Jérémie : A ton avis, qu'est ce qui ne va pas dans l'industrie du disque en ce moment ?

Tim : Question pas évidente ... c'est quelque chose qui m'a fait beaucoup réfléchir mais sans que je parvienne à des conclusions probantes. Pour être honnête j'y ai tellement réfléchi que je suis arrivé à un point ou je suis tellement perplexe que j'en ai mal à la tête. Je pense que le plus gros problème est qu'il y a un manque de qualité. Je pense que les gens sont parvenus à un niveau de satisfaction en se disant qu'on peut faire des percussions avec une boite à rythme, ou avec un ordinateur, qu'on peut utiliser de l'autotune partout, c'est devenu tellement industriel qu'il n'y a plus d'intérêt pour les gens pour qu'ils investissent du temps pour écrire de la bonne musique et se perfectionner avec leurs instruments, tu vois ? Et d'un autre côté j'estime que les majors dépensent beaucoup trop d'argent sur des albums sans rien recevoir en retour, alors que maintenant tu peux produire toi-même un album qui sonne pro avec un budget minimal, et en tirer des profits substantiels ! Tes profits atteignent des sommets car l'enregistrement ne t’a presque rien coûté et tu peux même le vendre pour pas cher. Je pense pour répondre à ta question qu'il s'agit d'un problème de qualité.

Jérémie : Tant qu'on parle d'argent, comment s'en sort le groupe ?

Tim : On se débrouille pas mal. Je n'ai pas travaillé personnellement depuis deux ans maintenant, le groupe me permet de vivre sans. Mais je sais que les autres membres, ils sont tous mariés, et quand ils rentrent à la maison ils doivent travailler à Starbucks, un ou deux travaillent dans des chantiers de construction, pour subvenir aux besoins de leurs familles. On espère qu'avec ce nouvel album on pourra obtenir de plus grandes garanties financières lors de concerts, et qui nous permettront de payer toutes nos factures.

Jérémie : Vous touchez combien par concert?

Tim : Ca dépend, si nous sommes en tournées, on reçoit entre $500 et $1,000 par concert. Mais s'il s'agit d'une date isolée, c'est un peu plus.

Jérémie : Ok. Avec le recul, comment tu décrirais chacun de tes albums?

Tim : Voyons voir. Le tout premier album de House Of Heroes, on l'a sorti chez Gotee Records et il n'avait pas de titre, on l'a ensuite ressorti sous le nom Say No More. On n'était que trois à l'époque dans le groupe, et on était en train de définir notre son à l'époque, et on a essayé d'avoir sur CD le même son qu'on a en concert. Après ça on a sorti The End Is Not The End et on était bien plus concentrés sur celui-là en sachant exactement ce qu'on voulait faire. On y a ajouté ces grands arrangements vocaux qui sonnent presque comme des chorales. Et sur ce dernier album, Suburba, on a perfectionné ce genre, on est arrivés à faire en sorte que ça sonne encore mieux que sur le précédent. Alors je pense qu'à présent on a réussi à définir notre propre son, et on passe plus de temps maintenant à choisir les thèmes qu'on va aborder.

Jérémie : De tous ces albums, quel chant est ton préféré ?

Tim : De tous les temps ?

Jérémie : Oui mais de House Of Heroes, évidemment.

Tim : Bien sûr. Tu sais je vais choisir In The Valley Of The Dying Sun, j'ai l'impression qu'on a visé juste avec ce titre. C'est un de ces rares instants ou c'est presque comme si le chant s'est écrit lui-même et qu'on était la juste pour l'accompagner. C'était si facile, mais quand tu écoutes le chant il y a tellement de parties différentes et complexes mais ca s'est imbriqué de manière si simple.

Jérémie : Je dois avouer que c'est aussi mon favori.

Tim : Merci, ça fait plaisir à entendre!

Jérémie : Vous avez fait une vidéo pour ce titre.

Tim : Oui, on a eu beaucoup de chance, car je dois dire qu'elle est incroyable. La compagnie qui l'a fait, Endeavor Media Groupe, ils ont tellement aimé la chanson qu'ils nous ont contacté pour nous proposer de faire une vidéo, et on leur a répondu qu'on n'avait pas les moyens pour le moment de se payer une vidéo, mais qu'on aimerait bien. Et ils ont répondu "Vous savez quoi ? On aime tellement cette chanson, et on pense que la vidéo sera tellement cool qu'on va le faire gratuitement".

Jérémie : Wow !

Tim : Comme tu dis !

Jérémie : Tu sais quoi ? Je viens de taper "Endeavor" dans Google, la première réponse est "We Are Endeavor Media Group", et la deuxième est "House Of Heroes - In The Valley Of The Dying Sun" !

Tim : C'est dingue !

Jérémie : Alors, qu'est-ce que l'avenir réserve pour vous ?

Tim : Et bien je pense qu'en termes de vision d'avenir nous allons promouvoir l'album et faire autant de concerts que possible, continuer à se perfectionner en tan que groupe, mais pour être honnête avec toi si tu m'avais posé la question il y a quatre ou cinq mois je t'aurais probablement répondu "On va sûrement faire une tournée pour l'album, et ensuite arrêter". Mais tout se passe si bien en ce moment, on a même commencé à écrire de nouveaux chants, et on est impatients à l'idée de retourner en studio. J'ai le sentiment qu'on va continuer comme ça pendant encore pas mal de temps.

Jérémie : Donc c'est sûr vous n'allez pas vous séparer ?

Tim : Non, absolument pas. Il s'est passé des choses ces derniers mois où on a pris conscience qu'on était excités et passionnés par ce qui nous arrivait, ça ressemble presque à une renaissance car on a l'impression d'avoir 16 ans et de jouer dans un groupe pour la première fois ! Ces sentiments comme "Wow c'est ça de créer de la musique !" ... La somme est plus grande que la somme des parties.

Jérémie : C'est le fan qui parle maintenant mais sérieusement ce serait triste si vous arrêtiez car à chaque album vous n'arrêtez pas d'être meilleurs, et du coup je ne sais même pas à quoi m'attendre pour la suite à part la certitude d'être surpris.

Tim : Merci ! Tant que tu apprécies ce qu'on fait on continuera de le faire.

Jérémie : C'est ce que disent beaucoup de groupes effectivement : "Tant que les gens achètent nos albums on continuera".

Tim : Exact, ça a toujours été notre but. L'autre jour j'ai parlé avec un mec d'un autre groupe et il m'a dit "Je n'arrête pas d'être jaloux des autres groupes, à me demander pourquoi ils ont plus de succès que moi. Mais avec vous, c'est différent : je vous regarde, et vous m'inspirez. J'ai envie de rentrer chez moi et devenir un meilleur musicien et un meilleur compositeur". Et je pense que c'est génial. Car en fin de compte c'est ce qu'on désire vraiment : être une source d'inspiration.

Jérémie : Etre une source d'inspiration avec votre musique, vos paroles, et votre comportement.

Tim : Oui, exactement.

Jérémie : Une combinaison parfaite.

Jérémie : Faudrait que vous veniez en France.

Tim : C'est un de mes rêves, je n'y ai jamais mis les pieds.

Jérémie : Pas assez de groupes américains viennent ici, et pourtant ils disent tous que c'est un de leurs rêves.

Tim : On est amis avec Family Force 5 et ils nous ont racontés à quel point tout le monde était sympa avec eux, et comment les publics étaient complètement différents de ce qu'ils connaissent aux US. Je ne sais pas pour la France, mais je sais qu'en général les européens accordent plus d'importance à la qualité d'une œuvre, surtout dans le rock.

Jérémie : Probablement parce que le marché n'est pas énorme ici. Ce n'est pas rare de devoir rouler 4 à 6h pour voir ton groupe préféré faire une escale en Europe !

Tim : Vraiment ?

Jérémie : En France quand un groupe vient faire une date c'est à Paris. Sinon on doit aller en Allemagne.

Tim : Ah oui, quand même. Bon ça veut dire qu'il va falloir qu'on fasse une tournée Française complète !

Jérémie : Ce serait fun. L'année prochaine ?

Tim : Ca me plait. 2011.

Jérémie : Il me reste quelques questions un peu plus personnelles sur toi, si tu as le temps.

Tim : Bien sûr, vas-y.

Jérémie : Ou as-tu grandi ?

Tim : Je suis né et ai grandi à Columbus, Ohio, centre est des Etats-Unis, c'est une ville étudiante, je crois la deuxième plus grande ville étudiante des USA. Un endroit confortable et agréable à vivre, avec des valeurs conservatives fortes.

Jérémie : Des frères et sœurs ?

Tim : Oui une jeune sœur, mariée et qui vient d'avoir une petite fille ! Je vais les voir dès que je peux pour passer du temps avec ma petite nièce !

Jérémie : La musique avait une place importante dans ta famille, que ce soit l'écoute ou le jeu ?

Tim : Tout à fait, ma famille est composée d'amoureux de la musique et quand j'étais petit j'ai joué du piano pendant six ans, mais pour être honnête j'étais jeune mais j'ai détesté ça. Je détestais jouer du piano de tout mon cœur et j'avais décidé alors de ne plus jamais jouer d'un instrument. Puis j'ai découvert la guitare, et mon avis a changé drastiquement (rires) !

Jérémie : Quel était ta première guitare ?

Tim : Quand mon oncle était au lycée il avait cette guitare, une Kent, et un noël on était chez eux et il m'a pris de côté et m'a dit "Hey, je ne joue plus de cette guitare. Si tu la veux, elle est à toi". C'est une daube, mais j'imagine qu'on doit tous commencer par quelque chose !

Jérémie : Tu l'as toujours ?

Tim : Oui elle est quelque part au sous-sol (rires) !

Jérémie : Tu utilises quel modèle maintenant ?

Tim : J'ai une Gibson Les Paul 1987 que j'adore et deux Paul Reed Smith. On vient de signer un partenariat avec eux alors ils m'ont donné quelques exemplaires et elles sont incroyables à jouer, je les utilise beaucoup en ce moment.

Jérémie : Quels groupes ont bercé ton enfance ?

Tim : Je n'avais pas vraiment le droit d'écouter du rock quand j'étais jeune, avant d'être au collège environ. Alors les premiers groupes que j'ai vraiment accrochés sont AC/DC et Led Zeppelin. Ensuite c'était Nirvana, Smashing Pumpkins ... mais ce qui a complètement chamboulé ma compréhension de la musique fut quand j'ai découvert MxPx, et ils ont été mon groupe préféré pendant plusieurs années. J'aime beaucoup ce punk/rock, j'aime The Clash, The Descendance, mais MxPx ... pendant quelques années je n'écoutais qu'eux (rires) !

Jérémie : Tu avais un t-shirt d'eux j'imagine !

Tim : Oh oui, j'ai sept ou huit t-shirts, tous leurs albums, tous leurs vinyles.

Jérémie : Tes parents t'ont encouragé quand tu as commencé à jouer dans un groupe et que tu as quitté l'école ?

Tim : Au début ils étaient hésitants. Ils m'ont toujours encouragé dans ce que je faisais, mais on jouait dans des bars quand on avait 16 ans et ça les rendait un peu nerveux. Mais une fois qu'on a signé notre premier contrat avec un label et qu'ils ont vu à quel point on était motivés et qu'ils ont compris que finalement on avait du talent, la ils sont devenus très encourageants.

Jérémie : Tu n'es pas marié c'est ça ?

Tim : Exact.

Jérémie : Pas de copine non plus ?

Tim : Pas pour le moment.

Jérémie : Pas le temps c'est ça ?

Tim : Exactement ! J'y travaille mais quand tu sors un album ça te prend énormément de temps !

Jérémie : J’imagine. Quand tu es en tournée, combien de temps passes-tu loin de chez toi ?

Tim : Environ six mois, peut-être un peu plus. Il y a une année on a fait environ 230 concerts sur un total de 270 jours, et on s'est presque séparés à la fin de cette année car ça prend tellement de temps. On était tellement fatigués, nos familles nous manquaient temps, ce n'était pas compatibles avec notre volonté de se donner à 100% lors de chaque concert. Depuis on tempère les choses et essayons de mixer à parts égales notre temps en tournée et avec nos familles.

Jérémie : Et 230 concerts en une année, c'est le meilleur moyen d'avoir des ampoules !

Tim : Oui (rires) !

Jérémie : Déjà joué en étant malade ?

Tim : Oui, mais je n'ai jamais été malade à un point ... j'ai entendu ces histoires de mecs qui vont sur scène complètement malades et qui vomissent en backstage au milieu du concert et reviennent juste après, mais je n'ai jamais été malade à ce point. J'ai eu des rhumes, des maux de tête, mais tu dois faire avec. En même temps, quand tu as un rhume, mais que tu as la possibilité de faire un bon concert ou tu te dépenses et transpire pas mal, tu te sens toujours mieux après.

Jérémie : On a presque terminé. Tu aurais un mot spécial pour la France ?

Tim : Oui, mais si c'est déplacé tu pourras l'enlever. Je vais vous te taquiner un peu : vous avez besoin de mieux gérer votre équipe de foot parce que j'étais gêné pour vous pendant la coupe du monde (rires) !

 

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Commentaires  

 
0 #1 Nathan 2010-08-12 10:30 Citer:
Tu sais, je ne comprenais pas non plus jusqu'à ce qu'on rencontre … parce qu'ils ont fait un master de l'album


Les 3 petits points, c'est le nom d'un groupe / une omission / un suspense rajouté pour nous faire attendre avec impatience la suite de l'interview ?

En tous les cas, pour le staff Beehave, vous savez ce qu'il vous reste à faire : acheter des tourne-disques.
Citer
 
 
0 #2 Jérémie 2010-08-12 11:10 Multi-citer Nathan:
Citer:
Tu sais, je ne comprenais pas non plus jusqu'à ce qu'on rencontre … parce qu'ils ont fait un master de l'album


Les 3 petits points, c'est le nom d'un groupe / une omission / un suspense rajouté pour nous faire attendre avec impatience la suite de l'interview ?

En tous les cas, pour le staff Beehave, vous savez ce qu'il vous reste à faire : acheter des tourne-disques.


Non c'est lui qui a oublié de finir sa phrase J'ai retranscris le plus fidèlement possible l'interview, peut-être difficile à lire par moment mais il parlait comme ça :)

Bien comptent d'avoir mis le doigt dessus pour la référence à Muse sur le dernier titre ! Bingo, ouais ! En même temps c'était tellement évident que c'eut été un véritable plagiat
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0 #3 Nathan 2010-08-12 15:06 Ok

Pour Muse, c'est vrai qu'il-y-a les notes de synthétiseur mais aussi des moments de chœur qui me font énormément penser à Unnatural Selection.
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0 #4 Nathan 2010-09-07 23:35 Alors ? La suite, la suite ! Citer
 
 
0 #5 Jérémie 2010-09-13 14:08 Multi-citer Nathan:
Alors ? La suite, la suite !

Ca vient ça vient ! :)
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0 #6 Jérémie 2010-10-13 22:10 Et voila la suite ! Désolé à tous qui attendaient impatiemment cette deuxième partie, petit soucis technique (perte de clé usb -> perte du texte et boulot à recommencer) Citer
 

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